R.Louis STEVENSON (1850-1894)
L'écrivain:
Écossais né à Édimbourg en 1850, connu grâce à quelques ouvrages fameux dont 'L'Île aux Trésors', ou encore 'docteur Jeckyll and mister Hyde' mais aussi d'un livre intitulé 'Voyage avec un âne dans les Cévennes'. Anglais mais vouant une véritable passion pour la France; d'ailleurs aime t'il à faire souligner que son prénom est Louis et non Lewis, c'est au cours d'un exile littéraire en France au Monastier pendant lequel il termine un engagement que lui vient l'idée d'un voyage dans cette région en direction du sud, périple qui va l'emmener jusqu'à Ales. Pour se faire, il achètera une ânesse compagne durant 12 jours :La fameuse Modestine.
Le Récit:
Le voici donc parti, avec
modestine ' une chétive ânesse
pas beaucoup plus grosse qu'un chien, de
la couleur d'une souris' à
travers une région sauvage et qui n'a pas vu
beaucoup de voyageur de surcroît
anglais ! mais qu'est-ce qui pousse l'écrivain sur
les routes ?. à cette
question l'auteur dit: ' je
voyage non pas pour aller quelque part, mais pour marcher. Je voyage pour le
plaisir de voyager. L'important est de bouger, d'éprouver de plus près les nécessités
et les embarras de vie, de quitter le lit douillet de la civilisation, de sentir
sous mes pieds le granit terrestre et les silex épars avec leurs coupants. Hélas!
tandis que nous avançons dans l'existence et sommes plus préoccupés de nos
petits égoïsmes, même un jour de conge est une chose qui requiert de la
peine. Toutefois, un ballot à maintenir sur un bât contre un coup de vent venu
du nord glacial n'est point une activité de qualité, mais elle n'en contribue
pas moins à occuper et à former le caractère. Et lorsque le présent montre
tant d'exigences, qui peut se soucier du futur?.
'
Voila pour le personnage, un voyageur donc qui s'émerveillera de la nature généreuse à qui il laissera sur le sol quelques pièces de monnaie après une bonne nuit passée à la belle étoile... Mais son voyage nous emmènera aussi à la rencontre d'un peuple de convictions 'les camisards' et pour l'auteur, ce sera l'occasion de rencontres, d'échanges, de méditations et peut-être qu'à travers ces protestants retrouve t-il un peu de ses racines écossaises ?.
C'est le soir que l'on sentira la symbiose entre notre voyageur la nature et sa compagne avec qui, il partagera ses impressions car la journée on ne peut pas dire que Modestine soit de la fête car chargé comme un baudet, la pauvre soufre le martyr et Stevenson ne fait pas de sentiments à l'égard de son ânesse... c'est à coups de piques qu'il parvient à l'amener jusqu'à Saint Martin du Gard ! Épuisée, il devra s'en séparer pourtant à contre cœurs. 'pendant douze jours nous avions été d'inséparables compagnons;...Pour elle la pauvre âme, elle était venue à me considérer comme une providence. Elle aimait manger dans ma main. Elle était patiente, élégante de formes et de couleur d'une souris idéale, inimitablement menue. Ses défauts étaient ceux de sa race et de son sexe; ses qualités lui étaient propres. Adieu,... Le père Adam pleura quand il me la vendit, quand je l'eus vendue à mon tour, je fus tenté de faire de même.'
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